Memorium

Memorium. Quand le corps se fait amnésique
Une performance chorégraphique, visuelle et sonore de Rochdi Belgasmi, Design Lab et Ahmed Benjemey.
Une création pour le vernissage de l’expo #Réminiscence
Commissaire d’expo Aïcha Gorgi
Producteur TALAN – Tunisie

Synopsis: De quoi la danse est-elle la mémoire ? De mes images, de celle des autres. Des voix, des cris et des vibrations qui traversent nos corps, et qui nous mettent dans un état d’alerte. Cela me dépasse, cela ne vient pas de moi. On dirait des effets du dehors qui, à contre-courant, m’assaillent et me happent. Mon corps est manipulé tout autant que ses sensations. Peut-être verrait-on de moi les bouts, les rébus d’un inconscient, son bouillon dont je ne saurais être maître. Peut-être devinerait-on encore des images de moi qu’à l’instar d’un Narcisse dansant à pieds joints, je n’assumerai pas sans me trahir, sans m’aveugler. Pourtant, il se peut que ce qui se tresse à l’intérieur ne soit pas si étranger à ce qui serait visible à l’extérieur. À moins que celui-ci ne soit absolument fidèle à celui-là. N’est-ce pas un paradoxe frappant ? J’ai beau caché des choses de moi, en moi, j’ai beau les oublié, je reste tout nu, exposé, à l’oeil nu, mis à nu, avec ces bouts d’images, ces spectres, les miens. L’oubli, comme l’invisibilité, est une sensation de panique. Je me cherche dans des images projetées sur mon corps, des sons venant de loin et que j’approprie au rythme de ma mémoire en mouvement. Cela s’écrit, cela s’efface, cela se réécrit. Mon corps est un manuscrit, mon corps est une mémoire, mon corps est un archive. Ma danse en est l’insigne palimpseste.