PRESSE - « Je ne m’évade pas, j’affronte... »

Rochdi Belgasmi, artiste-danseur au Temps :

Rochdi Belgasmi, jeune artiste-danseur connu pour son audace et talent, a su inspirer et tenir en haleine le public par l’originalité de ses chorégraphies et performances parmi lesquelles on cite : Ouled Jellaba lauréat du prix international Olfa Rambourg pour l’art et la culture en 2016, Arous Oueslat en 2017, Lamboubet en 2018... Il a été à la fois apprécié et rejeté : son audace et sa force de résistance font de lui un artiste sans frontières ... • Le Temps : Rochdi, plusieurs sont ceux qui considèrent ce que vous faites comme une véritable « lutte », un « dé » dans un pays régi par des mentalités diverses. La danse représente-t-elle véritablement pour vous un moyen d’évasion, un dé à relever ou un engagement ? Précisez-nous
Rochdi Belgasmi : Je commence d’abord par signaler le mot « engagement » que je n’apprécie pas du tout, je pense que l’artiste est engagé par évidence. Je ne crois pas à l’art engagé, je ne choisis pas de travailler sur des symboles : dire qu’un artiste travaille sur la révolution comme symbole c’est être dans un registre diérent de l’art car l’art à horreur d’être cloué à des sym- boles. Je ne veux pas tomber dans ce piège. Pour moi l’engagement c’est le fait d’être ressour- cé par l’art. Pour la lutte, en tant que artiste citoyen, je lutte contre toute forme de liberté : d’expression, de corps... Ce sont pour moi des moteurs de travail qui me font bouger mais je suis loin de faire de mon art une lutte contre quoi que ce soit... Je vise à mettre en valeur un discours plutôt qu’une lutte qui viendra peut-être plus tard car, toute lutte exige une confron- tation, chose que je n’apprécie pas. Je recours donc au silence et alterne l’individuel et le col- lectif, l’intime et le non-intime... • D'accord, vous êtes loin d'aronter l'autre, mais voilà jus- tement à chaque spectacle ou présence sur les plateaux télé, vous devenez très vite l'"objet" (permettez-moi de le dire) d'un vif débat, comment répondez-vous à ceux qui dévalorisent l'art et la danse en particulier ? Au début, je n’ai pas pensé que les retours pourraient être aussi extrêmes parce qu’il ya des gens qui sombrent dans le refus total, dans la stigmatisation et la destruction et c’est ce qui est embêtant. C’est pourquoi je boycottais la radio et les télévisions tunisiennes et n’accepte des propositions que de la part des chaines internationales qui sont loin de rabaisser le statut de l’artiste. Je refuse totalement d’être de nouveau victime de ce piège qu’est le buzz. Je suis un agitateur, un provocateur mais cela n’empêche mon caractère ambivalent qui oscille le sérieux et l’humoristique. La manipulation de mes photos, l’agression sur les réseaux sociaux me sont source d’inspiration, une véritable matière de travail qui me booste davantage vers le progrès. J’ai travaillé sur la prostitution masculine dans la société arabo-musulmane, j’essaye toujours de créer une oeuvre à partir de mon image à moi, une image qui m’échappe parfois et me revient grâce à l’autre qui me permet de me reconnaitre. L’amalgame, l’eervescence me laissent rééchir et c’est ce qui m’intéresse le plus. • Vous êtes "rebelle ,"Rochdi et la résistance exige un soue long et une énergie que vous faites dégager parfaitement, quelle est la source, le secret majeur derrière votre motivation et endurance ? Il n’ya pas de sources mais plutôt des batteries à charger. Je suis quelqu’un qui aime l’intimité et là je reviens vers mon aspect autiste, c’est ce qui me permet d’ailleurs de faire le vide. Je ne m’évade pas, j’aronte... Mes livres, recherches m’aident beaucoup ainsi que ma chère femme que je salue pour son soutien perpétuel car l’entente conjugale est assez importante dans l’aboutissement à un succès. Actuellement, je viens d’entamer un troisième cycle à l’école des beaux arts de Sousse, je vais travailler sur la performance et les arts visuels an de fertiliser mon travail. • Oui, on en prote justement pour vous féliciter et vous souhai- ter une vie jalonnée de bonheur. À propos de votre déménagement à Sousse, vous avez signalé que "c'était le meilleur choix que vous avez fait," dans quelle mesure rejoins-tu Albert Mem- mi quand il dit que "comme une mère, une ville natale ne se remplace pas"? Ah oui, absolument. Il faut que je précise quelque chose : je suis né à Sousse, à Msaken, préci- sément et me voilà de retour à mon lieu de naissance qui me permet de ressaisir mes repères et de recréer un regard rétrospectif vers l’enfance. Prochainement, tous mes projets auront lieu dans ce territoire et auront un lien direct avec cet espace car l’artiste est observateur par excellence. • Le rôle que vous avez incarné dans L"'amour des hommes » est pourvoyeur d'au- dace et de "hardiesse"que plusieurs considèrent "insolente", qu'en pensez-vous ? Je ne suis pas à la recherche de l’insolence, je régis selon les circonstances. Pour ce lm, le choix du cinéaste Mehdi Ben Attia était bien fait. J’assume bien mes orientations et sais sur- tout ce qu’il ne faut pas faire, je suis sélectif. Etre soi-même c’est eectivement sortir du lot et faire la tache et moi en tant qu’artiste, suis très généreux dans le « jeu », je ne calcule ja- mais ; je veux juste maitriser ce que je fais. Je suis aujourd’hui dans le péché, dans la désobéis- sance à travers « Wa Idha aasaytom » qui le témoigne amplement. Or, dans la vraie vie, je suis très pudique et timide, je préfère marcher dans l’ombre... • Vous animez des clubs de danse partout, des workshops adressés aux jeunes. Quel intérêt accordent ces derniers à la danse ? Nous les voyons le plus souvent motivés et appliqués en votre présence n'est-ce pas ? Pour les cours de danse, je les anime depuis douze ans, partout en Tunisie ou à l’étranger. Je suis invité par les institutions pour coacher des amateurs aussi bien que des professionnels. J’essaie de diuser la danse tunisienne parfois et Dieu merci, je suis souvent sollicité par les jeunes.on veut déconstruire le mythe de la danse orientale et construire quelque chose d’alternatif à sa- voir la danse folk. • Vous êtes artiste chercheur, avez-vous exaucé la majorité de vos rêves, sur le plan artistique, bien entendu ? Sinon, parlez-nous de vos futurs projets. Certes non. Je mets toujours la barre plus haute, mes fantasmes et rêves se transforment parfois en cauchemars : c’est le fait d’être encore plus agitateur par le biais d’autres moyens. Mes futurs projets ré- pondront à une étape de ma vie car le processus seul est capable de faire l’art et de créer l’ar- tiste : c’est tout un processus créatif. Une nouvelle création sur le tissage est en cours sinon je suis programmé par L’institut du Monde Arabe au palais de la porte dorée à Paris dans le cadre du festival « Printemps du Monde arabe » et une tournée en Belgique, Londres...avec « Zoufri », «Ouelled Jellaba »... Je compte aussi travailler sur la mythologie personnelle et mettre ma pratique à l’épreuve dans un cadre académique, bien entendu...

Zeïneb GOLLI
15-12-2019

صحافة - عروس وسلات”: عندما يعرّي الجسد التضادّ المزدوج عفيفة/عاهرة، فحل/مخنّث

بخطوات وحركات غير “محتشمة” دفع رشدي بلقاسمي جسده نحو منطقة حمراء. أصغى إلى جسده الرمزيّ أوّلا ثمّ إلى جسد الآخر لتتماهى رقصته مع التعبيرة الجنسيّة في كامل وضوحها وفرادتها. “عروس وسلات”، التي قدّمها رشدي إلى الجمهور ضمن فعاليّات الدورة السادسة لمهرجان “دريم سيتي” وتحديدا في حمّام الطمّارين بباب جديد، ليست فقط عملا فنيّا تكتمل فيه جميع المحدّدات الاستطيقية بل هو أيضا نسق فكريّ وتاريخيّ يُرينا كيف تحوّل الجسد إلى موضوع أوّل للسلطة الدينيّة والسياسيّة، للموبقات والمحرّمات. “عروس وسلات”، فتح الأعين المُغمضة عنوة وطواعية على الاتّجاه الرمزيّ لجسد تحكمه ضوابط أخلاقيّة وممارسات شعبيّة تحصره في خانة “المدنّس”.

بدأت الحكاية بتمرّد قبائل اصطفّوا إلى جانب علي باشا ضدّ عمّه حسين باي الأوّل الذي أثقل كاهلهم بالضرائب، لتنتهي بقتل من خاضوا الحرب الأهليّة سنة 1728 وبتهجير وتشريد نساءها، نساء وسلات، اللاّئي قرّرن ولوج عالم المتع الحسيّة بالعمل في مواخير العاصمة بعد أن كنّ يرعين الماعز في البراري ويخضّبن شعورهنّ بالحناء احتفالا بقدوم الربيع. برقصات شعبيّة يزخر بها موروثنا الثقافيّ، أراد رشدي بلقاسمي أن ينفض الغبار عن الحكايات المنسيّة ويعيد الاعتبار إلى نساء وسلات وإلى عاملات الجنس وأبنائهنّ، من بينهم “سالم ولد خضرا” بطل ملحمة رشدي الجسديّة.

بدأت الحكاية بتمرّد قبائل اصطفّوا إلى جانب علي باشا ضدّ عمّه حسين باي الأوّل الذي أثقل كاهلهم بالضرائب، لتنتهي بقتل من خاضوا الحرب الأهليّة سنة 1728 وبتهجير وتشريد نساءها، نساء وسلات، اللاّئي قرّرن ولوج عالم المتع الحسيّة بالعمل في مواخير العاصمة بعد أن كنّ يرعين الماعز في البراري ويخضّبن شعورهنّ بالحناء احتفالا بقدوم الربيع. برقصات شعبيّة يزخر بها موروثنا الثقافيّ، أراد رشدي بلقاسمي أن ينفض الغبار عن الحكايات المنسيّة ويعيد الاعتبار إلى نساء وسلات وإلى عاملات الجنس وأبنائهنّ، من بينهم “سالم ولد خضرا” بطل ملحمة رشدي الجسديّة.

الرقص والتعبيرة الجنسيّة

خاضَ جسد رشدي بلقاسمي (سالم الراقص) في “عروس وسلات” جميع التقلّبات والتجارب التي تدور في فلك المرغوب والممنوع. وحَمل بين جوانبه كمّا هائلا من الحركات والتعابير والرموز التي تصوّر لنا بوضوح صادم وربّما مفزع ثقافتنا القائمة على الكبت وعلى مقولة “وإن عصيتم فاستتروا”. فالخطاب المعرفيّ المتمثّل أساسا في الخطاب الدينيّ يفرض سلطته على الجسد الذّي يصبح آليّا جسدا مضبوطا مُتحكّما فيه ومُلكا للآخر. تتّضح ملكيّة المجتمع للجسد من خلال قواعد غير قابلة للنقد والتحريف وتصوّرات مضطربة تتعلّق بهذا الجسد مثل العذريّة والفحولة، فكل ما من شأنه أن يمسّ بأحد أهم أركان الرجولة ألا وهي الفحولة سيكون في موضع تجريم، وكل ما من شأنه أيضا أن يخدش عذريّة المرأة البيولوجية (غشاء البكارة) والسلوكيّة (الطهارة والعفّة) سيكون محلّ تتبّعات أخلاقية. مثّلت “الدربوكة” (الطبلة) -بما تحمله من رموز ودلالات- مصدرا للشهوة والعقاب في نفس الوقت، وكأن برشدي أراد أن يذكّرنا بقصّة تفاحة آدم الأبديّة التي تمثّل في المخيال الشعبيّ الرغبة والخطيئة. وهو ما جسدّته حركاته الراغبة في لمس هذه الآلة ومن ثمّ وقوعه أرضا متلويّا ألما ومتأثّرا بضربات شريكه الحادّة عليها. يرقص رشدي بثبات ويهزّ خصره يمينا وشمالا وينصهر في عوالم لا نعرف عنها شيئا. ولكننا نرى بأعيننا كيف حرّر هذا الجسد بتحويله من جسد منبوذ جنسيّا يتحرّك وفقا للأطر والقواعد إلى جسد فالت غير خاضع إلى أية سلطة. تبدو لنا مقاربة الفيلسوف الفرنسي ميشال فوكو حول الجسد حاضرة بقوّة في هذا العمل، ففي كتابه “تاريخ الجنسانيّة” بأجزائه الثلاثة أعلن فوكو عن وجوب تحرّر الجسد من العقل، موضّحا أن المجتمعات تشرّع لسيطرة العقل على الرغبة التي عليها أن تكون خاضعة للنُظم الاجتماعية والتشريعات الدينيّة، وهو ما قام به رشدي الذي جعل من الجسد بداية ونهاية لكلّ شيء. فمنه انطلق وإليه رقص بجنسانيّة أنثويّة مهدّما الثوابت ومحرّكا السواكن، ساعده في ذلك نصّ محمّل بالمعاني الإيروتيقية والوقائع التاريخيّة، ألقاه بهدوء متوجّس سهيب الوسلاتي الذي لعب دور سالم الراوي بإتقان شديد. سهيب الوسلاتي (سالم الرّاوي) يستقبل زوّار (الجمهور) حمّام الطمّارين المهجور والواقع في شارع باب منارة والذي اختاره رشدي ليعرض فيه “عروس وسلات”. مكان محمّل بالرموز تفوح منه روائح الشهوة وبخار لا نراه ينبعث من الأجساد الطريّة المُتخيّلة. لا يتوقّف سالم ولد خضرا على استقبال الجمهور بقوله “علاش في العتبة زوز موش مليح، ادخل وخلّي الملايكة تدخل”، بل يتحرّك في المكان مُعلنا لهم عن هويّته الجنسيّة التي تضرب عرض الحائط قوالب الرجولة والفحولة الجاهزة، ناظرا إليهم مباشرة في أعينهم وكأنه يتحدّى مرجعيّاتهم غير المكشوفة وأحكامهم المُسبقة ربّما.

عفيفة/عاهرة

قبل أن يستقبلنا سالم الرّاوي هناك صوت مُسجّل لامرأة تُكرّر عشرات المرّات لكنّه غاب في الضجّة، فلم ينتبه إليه الكثيرون. يقول “راو كلّ طرف فيّ ينقح وينو سلاّل القلوب بجاه سيدي بوعرقوب، حتى وكان صغير ميسالش، هات المهمّ يدخل في الكوبة. وأنا نحضّرلك شيشة معسّل وإنت تتمدّ وتتكسّل …”. ويبدو أن تكرار هذه الجمل المحمّلة بمعان جنسيّة كثيرة هدفها تحضير الجمهور نفسيّا لما ينتظرهم داخل الحمّام، أين جعل رشدي من جسده عٌرضة للتأويلات والتخمينات، جسده الراقص الذي أعطى بُعدا أكبر لصورة المرأة في مجتمع بطريركي منغلق. “عروس وسلات” ألغى الحواجز بين الرقص والبغاء، فعاملات الجنس لهنّ رقصاتهنّ الخاصّة، رقصات ظلت عالقة داخل غرفهنّ لا تغادرها بإذن أو دونه، جسّدها رشدي بحركات تنهل من معين الفعل الجنسيّ، معريّا التضادّ المزدوج في القيم والتوصيفات عفيفة/عاهرة، التي أنتجها مجتمع له آليّاته الخاصّة لإخضاع الجسد الأنثوي المُكلّف بمهمّة حراسة “الشرف”. وكان مشهد البصق على الجسد الراقص شاهدا على ما يتعرّض له من عنف ومحاولات للسيطرة عليه اجتماعيّا. بإمكاننا أن نتخيّل ما كانت عليه المواخير في تلك الأزمنة الغابرة، مواخير نجد فيها عاملات جنس مسلمات ويهوديات ومسيحيّات، قادمات من جبل وسلات أو من العاصمة لا يرتدين حزام العفّة المصنوع من الخوف، ويقدّمن أجسادهنّ قربانا للفقر. لكنّنا نجد أيضا رجالا يشتغلون داخل المواخير بأجسادهم مثل سالم ولد خضرا الذي ورث مهنة أمّه وحَلَّ مكانها بعد موتها لينافس النسوة هناك وليرسم ملامح شخصيّته المُغرية والمثيرة للريبة عند الكثيرين. لا يذكر لنا المؤرّخون الذين يتعاملون مع ذاكرتنا بانتقائية حكايات عن رجال مواخير العاصمة، إذ نجد في بعض المراجع القليلة من تحدّث باقتضاب شديد عن ماخور “علي واكي” الذي كان مخصّصا في فترة الاستعمار الفرنسيّ للمثليّين. مع “عروس وسلات” لا وجود لأيّ محدّدات جنسيّة حيث ينصهر الأنثويّ والذكوريّ في مكان محدّد وفي إطار زماني معلوم. لم يَبُل رشدي بلقاسمي على الثوابت ثمّ سكر، على قول مظفر النوّاب، ولكنّه رقص وانتشى مهدّما بجسده كل الأعراف والعادات والتقاليد والأحكام المُقيّدة.

ريم بن رجب: صحافية وباحثة في العلوم السياسية
26-10-2017

PRESSE - Une danse pour les oubliés de l’histoire

Offrir une danse aux oubliés de l’histoire, leur accorder un carré de lumière lorsque la mémoire est devenue aveugle. Tenter de faire revivre cette chair refoulée, celle de Selem Weld Elkhadhra, ce danseur-homosexuel qui faisait office de serveur dans les commerces des remparts de Tunis. C’est le travail auquel s’est attelé le chorégraphe Rochdy Belgasmi dans « Arous Weslet », spectacle de danse présenté lors de la 6ième édition de Dream City qui s’est tenu du 4 au 8 octobre à la Médina de Tunis. L’histoire à laquelle nous convie Belgasmi remonte au 18ième siècle quand fut maté une révolte populaire dans la région de Oueslat contre une imposition devenue trop lourde à supporter. Les habitants sont donc acculés à s’exiler et à s’établir aux portes de Tunis et certaines femmes d’adonnent à la prostitution comme seul gagne pain possible. « Arous Weslet » est une tentative de portrait de Selem fils d’El khadhra prostituée de la fin du 18ième siècle. Avec Souheib Oueslati, Oussama Saidi et Naim Ben Abdallah, Rochdy Belgasmi occupe la pièce centrale de Hammam «Ettamarine » de Bab Jedid -Hammam fermé depuis belle lurette et ouvert à l’occasion- et restitue durant une vingtaine de minutes un fragment de vie de Selem fils d’El khadhra, personnage marginal de Tunis de l’époque. Rochdy danse sur une frontière particulière, celle du désir frustré, du corps tourmenté, du déni social. La musique aidant, le spectacle monte en puissance pour amener le spectateur au cœur même de la vibration, là où tout s’arrête pour céder la place à la chair pour qu’elle puisse, seule, s’exprimer. Exprimer le beau, la nudité, le sensuel, le violent, le souffrant, le féminin, le masculin, le charnel et tout ce que cette chair peut enfermer en elle comme sensation de vie. Avec « Arous Weslet », Rochdy Belgasmi soulève un pan de l’épais rideau qui couvre notre mémoire. Nous est parvenu alors en vibration, l’histoire de la chair en danse. Une danse libre d’une chair brimée, interdite, refoulée mais combien révélatrice de ce qu’étaient ces oubliés de l’histoire.

Chiraz Ben M’rad
17-10-2017

صحافة - «عروس وسلات» لرشدي بلقاسمي: حين يصرخ الجسد «إذا الرعيّة سألت بأيّ ذنب شٌتّتت»

هل سبق وأن تعرّيت بالكامل؟ هل سبق وأن شاهدت تركيبة جسدك وتفصيلاته دون وجل أو خجل؟ هل شاهدت جسدك في عريه؟ هل تساءلت عن انتماءاتك الجنسية والجنساوية؟ هل أعطيت جسدك حقه؟ هل تساءلت عن الفرق بين جسد «المومس» وجسد «العفيفة»، هل مارست حب جسدك علنا دون حياء؟ ربما تكون الاجابة لا؟ ولكن رشدي بلقاسمي بجسده أجاب عن كل هذه الاسئلة.. بجسده تصالح مع كل المفاهيم، كتب أسطرا في المحرم وداس على المدنّس وحفر في المنسيّ وكشف الستارة عن المحظور فينا وفي داخلنا.. بجسده جسّد رشدي بلقاسمي مقولة مارليبونتي «أنا لست أمام جسدي ولا في جسدي، بل أنا جسدي». في فضاء مميز وجد خاص كان الموعد مع «عروس وسلات»، العروس حدثتنا عن تونس عن الحرب الأهلية الحسينية، عن ملامح الوطن المنسي في «عروس وسلات» اتحد كل من رشدي بلقاسمي وصهيب الوسلاتي ورياض التوتي وأسامة السعيدي ونعيم بن عبد الله ليكتبوا نصا جريئا ويقدموا عرضا يتحرر فيه الجسد من كل القيود.

العرض الصدمة...الجسد حمّال ألوية وعنوان للمقدّس والمدنّس

المكان حمام الطمّارين، الحدث عرض «عروس وسلات».. رائحة البخور تنتشر في المكان تماما كما كل حمّام.. صوت أنثوي يتحدث بشبقية صوت ضاع وسط ضجيج الجمهور ولكنه لامرأة تتحدث عن عطشها إلى الجنس، امرأة متعطشة لممارسة الجنس حتى تشبع رغبة جسدها.. ربما الفنان يحضّر جمهوره نفسيا لما سيجده في الداخل. للمتفرج أن يسأل عن سر تقديم العرض في فضاء الحمام، حينها سترحل المخيلة حتما الى رمزية الحمام، فضاء طمر المدنس.. فضاء يحدث داخله كل ما ينعت أحيانا «بالعيب».. هو الفضاء الذي تتعرى داخله الأجساد نسوية كانت أو رجالية دون خجل، في الحمّام يحدث الكثير.. في الحمّام تنتهك حرمة الأجساد أحيانا.. في الحمّام يغتصب البعض وتدنس الكثير من المفاهيم، في الحمّام رقص رشدي بلقاسمي، انتفض على الخطوط الحمراء وتجاوزها، تجاوز الايحاء الى التجسيد. في الباب يستقبل صهيب وسلاتي الجمهور مرحبا به «زوزو زارتنا البركة»، ثم يسألهم عن سر مجيئهم، يتحدث اليهم بكل جرأة ينظر في العيون، يتحدث عن الجنسانية ويكشف التاريخ الذي لم يكتب أو بالأحرى الذي «خجل» البعض من كتابته «وإللّي حروفو حاشمة على روحها» كما يقول نص «عروس وسلات». داخل الحمّام عروس تضع غطاء طويلا يغطي رأسها ووجهها، وفي يديها تلبس القفازين وكأنها مخضبة بالحناء، الكل لبس الاحمر في رمزية الاحمر الى «الدم» الى الجنس و«الليلة الحمراء» في المخيال الشعبي التونسي، يوجّه صهيب الوسلاتي كلامه الى جمهوره، يتلوى وهو يتحدث، يتحرك في اشارة الى أن المتحدث مخنث، في الحمّام يخرج سالم ولد خضراء من طي النسيان ينفض عنه غبار السنين ليحدث الجمهور عنه، عن حرب وسلات عن الحرب الأهلية الحسينية وعما نسيه التاريخ.. يحدثهم عن الجنس عن الجسد وحدوده عن «مواخير الرجال» ومواخير النساء. هنا ينتفض الجسد وينفض عنه غبار النسيان، في العرض سالمان.. سالم الأول يتحدث عن تاريخه مستعملا نصا جريئا كتب باللهجة التونسية، جرأة النص يصاحبها جرأة القارئ في حركته ودلاله في لفظ بعض العبارات ذات الايحاءات الجنسية، أما سالم الثاني فأشد جرأة من الأول سالم الآخر نقل ما كتب بجسده، سالم الثاني حاول تطويع اللغة بحركات جسده فتجاوزها وحلق بالحضور الى دواخلهم لطرح الاسئلة عن علاقتهم باجسادهم.

لن نتصالح مع تاريخنا قبل المصالحة مع أجسادنا

داخل الحمّام «البخور يعجعج» صوت الموسيقى يرتفع تدريجيا لتحمل المخيلة الى الجو العام للحمّام، ستجدك أمام أجساد نصف عارية وأخرى عارية تماما، أنت في حمام النساء، هذه تضع البخور وأخرى تدلك جسدها رويدا وثالثة تعيش لحظات من الشبق مع جسمها المنسي.. لهنّ فلسفتهن الخاصة في التعامل مع الجسد، الحمّام قد يتحوّل الى «ماخور» بمجرد حديث سالم عن «أمه خضراء». بطل الحكاية هذه المرة «سالم ولد خضراء»، وُلد «سالم» في جبل وسلات وسط النساء «حنة وحرقوس دايرين بيّ»، ولد سالم سالما، «جيت لها الدنيا سالم نحكم بإحكامي» كما يقول النص، ليرث بعدها أمه «خضراء» في عملها، فهي تعمل في ماخور للنساء، ويصبح سالم مطلب الزبائن ويفتك الزبائن من النسوة لأنه أكثر امتاعا.. في الحوار الجريء يكشف النص عن مواخير الرجال والشذوذ الجنسي. يصمت الجميع، ربما يحاول سالم شحن ذاكرته، ولكن في المقابل يرتفع صوت الدربوكة، تلك الآلة الايقاعية ستكون رمز الشهوة والخطيئة، موسيقاها المرتفعة كأنها عنوان لشهوة متدفقة الى جسد آخر، وتجاوبا مع نغماتها يتحرك جسد سالم الاخر، جسد رشدي بلقاسمي ليواصل حكاية سالم، ينتفض الجسد، يرقص على الارض يتجاوب مع الدربوكة، يقترب منها يحاول اغراء العازف، كل قطعة من الجسد العاري ستشعرك أنها تتحرك لوحدها، حركات مغرية وإشارات وإيحاءات علّ جسد آخر يستجيب. يصطدم جسد سالم برفض الشريك، يدفعه ليسقط أرضا، فيتلوى محاولا مسك نفسه وكبت رغبته ولكن محنة الجنس تجعل من سالم يعيد الكرّة مرة واثنتان علّ الآخر يستجيب.. حركات جريئة، حوّل معها رشدي بلقاسمي الجسد المنبوذ الى الياذة للتحرر، فكأننا أمام نص جريء نتصفح كلماته دون الخوف من المحرمات والسلطة. بجسده يقول سالم، تحرروا من قيودكم، تحرروا من كلّ المكبلات، تحدثوا عن تاريخكم المنسي، في «عروس وسلات» يحملنا جسد رشدي بلقاسمي الى جبل وسلات، الى عام 1728 تحديدا تاريخ الحرب الاهلية الحسينية تلك الحرب التي دمّر فيها جبل وسلات وشرد أهله وقتل رجاله واقتيدت نساءه الى الحاضرة للعمل في الدّعارة.. يحملنا الى الصراع بين حسين بن علي وابن اخيه علي باشا تذهب الذاكرة ويستحضر سالم معاناة أبناء جبل وسلات بعد اعلانهم مساندتهم لعلي باشا في حربه ضد عمه.. الرقص عند رشدي بلقاسمي «ليس للمتعة، انه جسدي حامل للتاريخ، وبه اتحدث عن المخفي والمنسي من تاريخ تونس». يسقط الجسد مرة أخرى على القاعة يعانق قطعة الرخام التي تتوسط المكان، في سقوطه دلالة على سقوط سكان جبل وسلات في الحرب، يتحرك بقوة تماما كما كان سكان الجبل حينها في أول الحرب حين كانوا متماسكين يشدون أزر علي باشا. «يوم 20 فيفري 1728 يمثل البداية الحقيقية للحرب الأهلية التونسية، حيث هرب صبيحة ذلك اليوم علي باشا وابنه يونس من مدينة تونس إلى جبل وسلات خوفا من إعتقالهما وهنالك وجدا ترحابا ودعما كبيران كما جاء في كتاب «اتحاف أهل الزمان باخبار ملوك تونس في عهد الأمان» لابن ابي الضياف: «العيون غائرة تبحث في المجهول، الانفاس متقطعة ومتهدجة وكأنها بسكان الجبل يسألون عن الغد فالحرب قد طالت وعلي باشا هرب الى الجزائر فمن لسكان جبل وسلات؟». ترتفع من جديد نغمات الدربوكة، يزيد معها اضطراب جسد الراقص، يحمل الحضور الى افريل 1728 حين قرر حسين بن علي مهاجمة الجبل وتهجير سكانه وقتلهم، الجسد المرمي على القاعة هو رمزية للسكان المهجرين، حركاته المضطربة تحيل الى من بقوا يعاندون الفقر والجوع والتشريد ليعيشوا اليدين مكبلتين تماما كما الارادة العاجزة عن الفعل، حينها سيكون الجسد هو الحل فكثر هن اللواتي استعملن اجسادهن للعيش ومن بينهن خضراء ام سالم. في العرض يتحرر جسد سالم، يزيل كل الحدود والقيود «فلكل واحد محنة» كما جاء في النص ومحنة سالم الجسد.. جسده طريقه الى الحياة، الى الحب، الى الوجود، جسد رشدي بلقاسمي كان صوت سالم يصرخ يترجى يبكي وينتفض، يعشق ويبحث عن شبق لا ينتهي.. في العرض تجاوز الكوريغراف الايحاء الى التجسيد، عرض جد جريء.. ستجدك أمام رجل يمارس الجنس مع «قطعة من الرخام» بعد أن تعرض الى الصد، ستجدك أمام جسم ذكر يغازل جسم ذكر آخر عله يكون زبونه ويمتعه بقليل من الحب وينقص عنه تلك الشهوانية المتزايدة، ستجدك أمام جسد لا يتعب ودائم البحث عن المزيد.. جسد ترتسم ملامح الشهوة على كامله ولم تقتصر على عضو معين فهو يمارس الجنس بعينه ولسانه ويديه وكامل حركاته، سيصدمك ويفاجأك ويجعلك تتساءل عن علاقتك بجسدك. في «عروس وسلات» فلسفة جديدة تبحث في علاقة الجسد بالتاريخ، الجسد هنا حمّال رسائل سياسية.. الجسد أداة للنبش في التاريخ وإحياء المنسيين.. في «عروس وسلات» يندفع رشدي بلقاسمي بجسده للغوص في المحظور والكشف عن المخفي وطرح السؤال عن التاريخ، في عروس وسلات بحث متجدد عن مفهوم الجسد ومحاولة لارساء فلسفة جديدة تفكك شيفرات الجسد.

مفيدة خليل
11-10-2017

PRESSE : Dream City 2017 : La Médina sanctuaire de tous les arts

La 6e édition de la biennale d’art pluridisciplinaire Dream City s’est clôturée dimanche 8 octobre 2017, nous laissant des étoiles dans les yeux et de fortes sensations.
Des artistes sensibles et engagés
A la fin de ces rencontres quotidiennes, commencent les parcours de créations qui se dessinent sur toute la Médina (vieilles maisons, palais, hammams, casernes...).
Rochdi Belgasmi, star de cette édition, nous a toujours habitués à un art provocateur, audacieux qui se moque des tabous. Avec son nouveau spectacle ‘‘Arous Oueslat’’, il reste fidèle à lui-même, explorant encore une fois, à travers la danse tunisienne qui s’entremêle au théâtre et à l’art contemporain, le corps, la sexualité refoulée et le rapport trouble entre masculinité et féminité. Interdit aux moins de 16 ans, ‘‘Arous Oueslet’’ fut le spectacle le plus visité de cette édition, simple curiosité ou intérêt ou par la question du genre?

Fawz Ben Ali
09-10-2017

PRESSE - « Arous Oueslat » de Belgasmi fait danser la médina de Tunis

Présenté en première hier, mercredi 4 septembre 2017, à Tunis, le spectacle « Arous Oueslat » du chorégraphe Rochdi Belgasmi fait déjà parler de lui.
Programmé dans le cadre de la 6e édition de la biennale d’art contemporain Dream City, ce spectacle de danse contemporaine est présenté 3 fois par jour, tous les jours, du 4 au 8 octobre 2017, à la médina de Tunis. Ce spectacle, interprété par Rochdi Belgasmi et 3 autres danseurs, raconte l’histoire de Selim, fils d’une prostituée de la fin du XVIIIe siècle. Il est déconseillé aux moins de 16 ans, tient à préciser son auteur.
Les spectateurs, qui ont déjà eu le privilège d’assister à « Arous Oueslat », en font déjà la promotion et assurent que le spectacle est à couper le souffle. Avis aux intéressés et aux curieux!

Anonyme
06-10-2017

صحافة - رشدي بالقاسمي في "عروس وسلات": يرقص حتى لا نتوه عن جنسانيّتنا

في كتابه عن تاريخ الرّقص، تحدّث جاك بوني Jaques Bonet عن هذا الفنّ من زاويتيه المقدّسة والمدنّسة. يعود كتابه Histoire générale de la danse sacrée et profane إلى بدايات القرن الثّامن عشر باسطا فيه تاريخ الرقص منذ العصور القديمة الى راهنيّة عصره ناقدا ومحلّلا لواقع الرّقص حينذاك. هذه البداية ليست بالضرورة مهمّة لقارئ ينتظر حسب العنوان، لقراءة لعمل "عروس وسلات" لرشدي بالقاسمي، لكنّ العودة الى أصول نظريّة في مثل هذه الحالات، من الممكن أن تشكّل ملاذا للإنطلاق في فهم عمل فنيّ أقلّ ما يمكن القول عنه، هو أنّه حمّال للمعاني ومتشعّب المحاور والمقاربات. سيساعدنا هذا الكتاب في أطر أخرى، ولكنّه في هذه الحالة سينقذنا من خلط من الممكن أن نقع فيه أثناء مشاهدة "عروس وسلات"، وهو خلط بين الرّقص كفنّ نبيل وإيحاءاته التي من الممكن أن لا تتماشى وقناعات شعب أو مجتمع أو عالم بأسره، وسيساعدنا على الاقتراب بشكل أدقّ إلى فكرة المدنّس الذي باستطاعنا أن نصنع منه فنّا، المدنّس "البريء" والذي أصبح غولا بفعل ثقافيّ بحت (نتحدّث هنا عن الثقافة بماهي نمط عيش ونمط تفكير)، والمدنّس، بما هو عالم لم يقترب منه سوى "المجانين"، كلّ من امتلأوا بشغف كشف المستور والنّبش عن الغامض من القصص التي لا تروى سوى في عتمة الأركان. ليس غريبا حين نتحدّث عن ثنائيّة الرّقص والمدنّس أن يكون الجسد هو محور القصّة، الجسد بكلّ ما يمكن أن يحمله من إيحاءات وبكلّ ما يمكن أن يأخذنا إليه من عوالم، الجسد بما هو آلة للزّمن انطلقنا في اكتشافها منذ سنة 2012 مع رشدي بالقاسمي.

الجسد الرّاقص والجسد الشخصّيّة

كلّنا يعلم أنّ قصّة رشدي بالقاسمي مع الرّقص انطلقت منذ نعومة أظافره، لكنّ قصّتنا مع رقصه عرفت الضوء سنة 2012 مع عرض "جسد مهووس"أين احتفى بالجسد ودوره في مساءلة الذّات على الطريقة النيتشويّة، هذا الذي جعل من الجسد قائدا عظيما ومحرّكا لكلّ شيء من حوله. لن يساعدنا نيتشه هنا بقدر زوربا في قوله :

الرقص هو الانتفاض ..هو التشظّي .. هو الردّ المضاد ضد التنميط والتقولب والتحنيط .. لاأحد قادر على تنميطنا - نحن الشّباب- سنتقافز كالخيول غير المدرّبة لإسقاط من حاول لجمنا..

ولا نعرف إن كان لهذه المقولة أن تفسّر كلّ شيء عن عمل رشدي ونظرته للرّقص، لكنّ الأكيد أنّها تختزل مراحل طويلة في قراءة رغبته الجامحة في كسر القيود باختلاف أنواعها، ولعلّ أهمّها السّائد من النظرة الدونيّة للجسد كمصدر أساسيّ للرذيلة والفحش. لابدّ أن نوضّح قبل الانغماس في التّحليل، أنّنا لسنا بصدد الحديث عن الجسد الرّاقص في صورته المجرّدة، فقد تحوّل هذا الأخير الى مشهد عاديّ ومألوف عبر العصور وإن كان للبعض ألّا يقبلوه، لكنّنا نتحدّث عن طريقة معيّنة للرّقص، لم يختصّ بها رشدي لكنّه نبش عنها ونفض عنها غبار النّسيان أو التّناسي بالأحرى، فهو يتمايل في أعماله بأنثويّة عالية حدّ الاستفزاز أو الاستنكار، ويختار لعروضه ألبسة وأكسسوارات تبدو لنا سرياليّة لكنّنا نقبلها بمجرّد البحث في تاريخيّتها، ليكون الرّقص هنا عملا فنيّا وموثّقا لعصور وجدت فيها أناس لم تخجل بما هي عليه. تتحوّل هذه النّاس التي وجدت في عصور سابقة إلى شخصيّات يتقمّصها رشدي فيعيد لها الحياة وأكثر من الحياة، هو يعيد لها اعتبارا لم تنله حيث عاشت وبالتالي انتصارا كان من الممكن أن تشعر به نظرا لاستثنائيّتها. من هنا تبدأ حرب هذا الفنّان في الاستفزاز، لأنّه يقدّم هذه الاستثنائيّة على أنّها طبيعيّة، أمر لو فهمه معاصروا هؤلاء الأشخاص لما عاملوهم بنفس الاستهزاء أو الاحتقار، ولما جعلوا منهم ذلك المدنّس الذي توارثنا تعريفه وبقينا إمّا رافضين نصدّه أو محترزين لا نقربه. تطوَرت شخصيّات رشدي في عروضه من "زوفري" (2013)، أين تقمّص شخصيّة العمّال والبحّارة دون أن يكتفي بذلك جاعلا كلّ جمهور يحضر إلى مجموعة من الصيّادين في وقت الفراغ أو عمّال بناء حين يأخذ بهم التعب والملل إلى ارتجال رقصات فيها من الإيحاءات الجنسيّة ما ينفّس عن شعورهم الدائم بالاختناق والكبت. تطوّرت الأمور لتتخّذ مساحة أكثر مباشراتيّة مع عرض "اذا عصيتم" (2014) وعرض "ولاد جلّابة" (2016)، أين نواجه دون أقنعة كلّ أسئلتنا الدفينة حول مسألة النّوع، هذه الحتميّة الثقافيّة التي يرجّها راقصنا دون سابق انذار أو تمهيد، مقدّما لنا إيّاها بكلّ تفاصيلها المشهديّة والركحيّة. في "عروس وسلات" (2017)، لن نقول أنّ المباشراتية قد وصلت إلى أوجها أو إلى أقصى ما يمكن تجسيده، لكنّنا سنتأكّد عند المشاهدة أن لا حدود لإبداع رشدي بالقاسمي، وإذا اعتبر البعض أنّ ما يقدّمه ليس سوى تكرارا لنفس الأفكار، فسنقول بأنّه لا حدود لرغبة هذا الرّجل في الدّفاع عن أشخاص لولاه لما علمنا عن فكرة وجودهم، ولا حدود أيضا لتماديه في الاستفزاز للعقول الرّاكدة وفي دفاعه عن الجسد في كلّ حالاته، نسويّا كان أو ذكوريّا أو الاثنين معا.

الرّقص الجنساني : من الإيحاء إلى التجسيد المباشر

قدّم رشدي بالقاسمي عرضه الأخير "عروس وسلات" ضمن فعاليّات الدّورة السادسة لمهرجان "دريم سيتي Dream City . عرض مستلهم من المدينة العتيقة، معقل للأسرار والقصص الغامضة، ومقدّم بالأساس لسكّانها ثم لبقيّة الجمهور باستثناء من تقلّ أعمارهم عن الستة عشر سنة.عرض قبل الدخول في وصفه، لابدّ أن نصف إطاره المكانيّ لما شكّله من جزء هامّ ومحدّد في العرض. « حمّام التمّارين" هو حمّام لا يعرف عنه الجيل الجديد لضاحية"باب الجديد" شيئا، فهو مغلق منذ سنين طويلة. أعاد رشدي إحياءه صحبة مجموعة من الرّاقصين هذه المرّة، كما يحيي الشخصيّات التي تأثّثه ويأتي بها من العهدين الحسيني والحفصي. الحمّام" مقبرة المحضور في الثقافة التونسيّة، يصبح مكانا عامّا ومسرحا لأحداث حقيقيّة كانت ولا تزال ربّما تحصل فيه دون أن تكون محور أحاديث العموم في الهواء الطّلق، كما هو شأن المدنّس الذي ذكرناه سابقا وسنواصل ذكره. ففي قلب هذا المدنّس، عاش سالم كبائع للهوى، الحرفة الوحيدة التي تعلّمها خلال عيشه بين بنات اللّيل. خلال العرض نشاهد سالمين، الأوّل هو سالم الذي يتجوّل بين الجمهور ساردا قصّته من خلال نصّ كتب بالعاميّة التونسيّة، والثاني هو سالم الذي يخرج منه ساردا نفس القصّة لكن من خلال الرّقص، وليس أيّ رقص. لم نتوقّف في ذكرنا لمنع العرض عن الأقل من الستة عشر على الأسباب المحيطة بهذا القرار، وهو أمر لم يتحدّث فيه رشدي لكنّه يبات واضحا عند المشاهدة.فقد حلّق رشدي ب"عروس وسلات" إلى مراحل عالية من الجنسانيّة برقصه الذي لم يتوقّف هذه المرّة عند الإيحاء، إنّما تجاوز مراحل التعبير الجسديّ إلى التجسيد المباشر بطريقة ينصهر فيها الرّقص وممارسة الجنس فيتحوّلا إلى واحد يصعب اذا لم يستحل فصلهما عن بعضهما لا بالعين المجرّدة ولا حتّى بجهازنا الإدراكيّ. لنعد قليلا إلى الجانب النظريّ المتعلّق بهذا الموضوع، لنجد العديد من نقاط الاختلاف بين هذين الفعلين، أوّلهما أنّ الحركة المثاليّة هي فعل رئيسيّ في عمليّة الرقص لنضمن مشهدا متناسقا ومتوازنا وبالتالي جميلا، لكنّها ليست محدّدا في الفعل الجنسيّ، لأنّه عمليّة تعلّم بالأساس، يصل بنا إلى أقصى درجات المتعة بتناغم الجسدين وقدرتهما على التكامل ليس أكثر، كما أنّ العلاقة في الرّقص، هي علاقة بين قائد ومقتاد أما العلاقة الجنسيّة فتتراوح وتنقلب فيها الأدوار فيها بين مسيطر ومسيطر عليه Dominant/Dominé، هذا بالإضافة إلى نقطة الخجل أو الحياء، فنحن ربّما نخجل من الرّقص أمام العموم، لكنّنا لا نشعر بنفس الحياء حين نرقص جنسا. مافعله رشدي بالقاسمي لا يتموقع طبعا هنا، لكنّه يتموقع في نقاط التشابه بين هذين الفعلين، فالحركات التي تميّز بها هذا العرض من تمايل خصر بشكل حسّاس ومغر، يجسّد حرفيّا منطق التوزيع la diffusion في الجنس، حيث يتدافع الجسدين من أجل نشر شعور النشوة في كامل الجسد دون حصرها في مكان واحد (الأعضاء التناسليّة)، شعور تجاوز جسد رشدي المتمايل بشغف إلى كلّ الحضور، لتكون النشوة شعورا مشاعا ومشتركا تمّ تقديمه بشكل مجانيّ، كل هذا بالإضافة إلى تجسيد فكرة الاستماع الجسدي l’écoute corporelle، حيث على عكس ثنائيّات الرّقص التي تجمع بين شخصين، جمع رشدي بالقاسمي في "عروس وسلات" بينه وبين الموسيقى، جاعلا من جسده مصغيا متأنّيا لكلّ نوتة وإيقاع كما يستمع جسد لمناجاة الآخر وحاجياته أثناء ممارسة للحبّ. "عروس وسلات"، هو رحلة في دواخلنا المقيّدة مهما تحرّرت، يثبت أنّ التّصالح مع الذّات أمر خرافيّ يمكن تحقيقه وهو أيضا عمل أصبح من خلاله رشدي بالقاسمي مرجعا ليس فقط تاريخيّا، إنّما فنيّا أيضا، وهو العنوان الاستثنائي لجنسانيّة الرّقص في جميع أبعاده.

شيماء العبيدي
05-10-2017